UNE APPROCHE POUR UNE PRISE EN CHARGE COMMUNE DE LA QUALITÉ DU VIVANT

Le vivant nous questionne aujourd’hui sur nos modes habituels de gestion du vivant et leurs révolutions passées et futures.  Aujourd'hui le mode de gestion « en silo », cloisonné, qui nous est familier, découpe les champs de légitimité et de compétence des acteurs : chacun a sa manière de connaître et d’appréhender le réel,  avec ses moyens particuliers et dans son champ de légitimité. Quand un objet qui "fait problème" à quelqu'un il  peut ainsi avoir autant d'identification qu’il y a d’acteurs concernés !

Par exemple : la même goutte d'eau sera une milieu de vie à protéger pour les écologistes, une ressource pour l'agriculteur ou l'industriel qui sert à la production de biens marchands, un objet politique pour l’élu local (fournir une eau potable de qualité). Mais il est difficile pour les acteurs, à bien des égards très éloignés - même proches - de se rencontrer, de se comprendre de se coordonner autour de la même goutte d'eau. Il leur est difficile de mettre en compatibilité leur compréhension de la situation, de connaître leurs moyens d'action réciproques et de concevoir et construire de réponses efficaces aux problèmes qu'ils rencontrent avec cette goutte d'eau. S’il est adapté à des problèmes isolables et localisés , le mode de gestion « en silo » ne répond pas aux exigences de gestion de cette complexité du vivant, à la fois dans la proximité et a fortiori dans un monde globalisé.

 

Prendre en charge ensemble la qualité du vivant

Le projet de l’approche patrimoniale est alors de renforcer la capacité et l’envie des hommes à prendre en charge ensemble la qualité du vivant. Là où la contrainte peut vite s’avérer contre-productive en situation complexe, l’approche patrimoniale parie sur la recherche de solutions basées sur l’intelligence, le volontariat et la libre adhésion des acteurs concernés. L’amélioration de la qualité du vivant nécessite, à toutes les échelles – locale, nationale comme mondiale – une posture différente : reconnaître, au-delà de la connaissance objective et scientifique et des compétences techniques, les diverses formes d’intelligence des hommes et des femmes intéressés ; encourager leur désir d’engagement ; faire émerger des dispositifs mobilisant leurs capacités d’action.


Ainsi l’approche patrimoniale considère qu’une meilleure qualité du vivant est possible si les acteurs concernés la reconnaissent comme un patrimoine qui leur est commun et qu’ils acceptent de la prendre en charge ensemble grâce à des stratégies adaptées. Ces stratégies sont appelées des « stratégies patrimoniales ». Un ensemble de procédures d’intervention visent à susciter de telles stratégies et à les organiser : audit patrimonial, séminaires de rencontre active, charte patrimoniale de la qualité, groupe projet qualité.

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